Bernard Rudofsky, Image tirée de l’essai, Architecture Without Architects, 1964.
Bernard Rudofsky, Image tirée de l’essai, Architecture Without Architects, 1964.
La bâtisse d’ombre est le titre de mon mémoire de diplôme national supérieur d'études plastiques (DNSEP).
« On a l’impression qu’au fond les hommes ne savent pas très exactement ce qu’ils font. Ils bâtissent avec des pierres et ils ne voient pas que chacun de leurs gestes pour poser une pierre dans le mortier est accompagné d’une ombre de geste qui pose une ombre de pierre dans une ombre de mortier. Et c’est la bâtisse d’ombre qui compte. »
Jean Giono, Que ma joie demeure, 1935. ​​​​​​​
Dans ce projet de mémoire je m’intéressais à la portée immatérielle de l’architecture, et plus précisément la charge invisible inséparable de la pratique de bâtir : la pensée. Ce travail m’a permis d’approfondir la recherche d’une forme d’abstraction fondamentale à l’origine de la construction, élargie à la construction d’une cabane, d’un outil, d’une oeuvre d’art ou d’un livre.
Cette plongée dans le texte, auprès d’auteurs et autrices qui utilisent un vocabulaire dionysiaque et prométhéen : celui du vol (J. Genet, F. Noivile), du sacrifice (G. Désange, G. Bataille, G. Giono), du sensuel (G.Giono), de l’imitation et la tromperie (A. Jodorowsky, V. Berard) de l’alchimie (P. Burensteinas), m’a ouvert un passage dans des formes expressives et primitives de la notion de construire (matérielle ou poétique).  La question centrale de cet essai est la recherche d'une forme de construction qui abolit la frontière entre poésie et pratique, entre pensée et faire.
©Maxime Bagni
Back to Top